cf. déf. du Petit Robert : Régime politique autoritaire établi par un individu, un parti, une assemblée etc."dictature personnelle, d'un seul". Sens figuré : pouvoir absolu, suprême (au temps des romains on appelait dictature, la magistrature extraordinaire qui passait outre l'avis des citoyens)
Ce n'est un secret pour personne : la Vème République est une "petite monarchie" qui opère une confusion des pouvoirs entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire (en son temsp dénoncée par Montesquieu)
Or, la dictature ne s'instaure pas que par des coups d'Etat militaire : elle peut passer par les urnes. Hitler - comme chacun sait- a été élu démocratiquement par le peuple en 1933, cad par les urnes et les Français en 1940 ont bien choisi Pétain comme "sauveur "(arrêtons avec ce mythe de la France massivement résistante...) Il ne s'agit pas pour moi de comparer "l'homme aux rats" à Hitler mais de dire que la dictature peut s'instaurer de manière insidieuse, par la volonté populaire (quand le peuple, inéduqué devient sensible à la flatterie et à la démagogie- Cf. analyse qui suit)
Je conseille à tous la relecture très saine d'un livre atemporel : la République de Platon, dans lequel il montre que le risque que court la démocratie, c'est la démagogie (cf. combat des philosophes contre les sophistes) et la tyrannie : une fois les démagogues au pouvoir, choisis par le peuple après avoir été flattés [instrumentalisation des préjugés et des émotions : peur, pathos etc.], le seul moyen de conserver le pouvoir, c'est la violence et la force. La tyrannie succède naturellement à la démocratie :
La démocratie est décrite par Platon en des termes qui peuvent être très actuels : c'est le régime où la liberté dégénère en licence (d'où la condamnation de mai 68, symbole pour beaucoup de cette licence et de ce désordre). L'autorité se perd :
"le maître craint ses disciples et les flatte; les disciples font peu- Cf. crise actuelle de l'école et perte de ce que l'on appelle "l'autorité" (pouvoir tout-puissant des fédérations de parents d'élèves, laxisme de l'administration, absence de sanctions etc .) Cf. Garde à vue de 24 h d'un prof gifleur qui s'est fait traiter de connard par un merdeux de 11 ans !!!
de cas des maîtres et des pédagogues" (p.323)
Je continue la lecture, toujours très actuelle, du texte :
"les vieillards de leur côté, s'abaissent aux façons des jeunes gens (...)
imitant la jeunesse de peur de passer pour ennuyeux et despotiques"- cf. le
jeunisme et ce qu'on peut appeler "la perte de l'autorité
des Anciens".
"La liberté déborde de tous côtés" : il n'y a plus de hiérarchie d'individus, ni de valeurs (je passe la passage où Platon critique l'égalité homme-femme : époque oblige !)
Vient alors le risque de l'anarchie : les gens ne respectent plus les lois, écrites ou non écrites "afin de n'avoir absolument aucun maître"(perte de ce qu'on a appelé le civisme lié sans doute à l'individualisme régnant, au primat du droit sur le devoir, du plaisir sur la contrainte- On entend sans arrêt cela chez les jeunes : "j'ai des droits" = perte de tout sens collectif)--
"A la moindre apparence de contrainte, les citoyens s'indignent et se
révoltent".
"Eh bien, c'est ce gouvernement si beau et si juvénile qui donne naissance à
la tyrannie (...) La tyrannie n'est issue d'aucun autre gouvernement que la
démocratie, une extrême liberté étant suivie d'une extrême et cruelle servitude"
Regardons ce que dit Platon de ce tyran (p. 327 et sq):
Dans les premiers jours, il sourit et fait bon accueil à tous ceux qu'il rencontre, déclare qu'il n'est pas un tyran, promet bc en particulier et en public, remet des dettes, partage des terres au peuple (cf. l'accès à la propriété promis par Sarko) et à ses favoris (cf. "paquet fiscal") et affecte d'être doux et affable envers tous "
"Mais quand il s'est débarrassé de ses énnemis du dehors (quand il est élu cad débarrassé du PS), il commence toujours par susciter des guerres pour que le peuple ait besoin d'un chef (cf. tactique de Bush et probable participation de la France à une guerre en Iran). C'est naturel. Et aussi , parce que les citoyens, appauvris par les impôts, sont obligés de songer à leurs besoins quotidiens et conspirent moins contre lui (la pauvreté fait que les gens se désintéressent de la politique ayant d'autres chats à fouetter)"
Je résume le reste : il se débarrasse dans son Etat des hommes de valeur, libres penseurs qui pourraient remettre en question son pouvoir. Il ne s'entoure que de gens serviles et pleutres (cf. Besson et toute la clique) qui assoiront encore son pouvoir par leur docilité et leur allégeance;
"Il faut donc que le tyran se défasse des hommes de valeur- même de ceux qui ont contribué à son élévation-car plusieurs parleront librement soit devant lui soit entre eux et critiqueront ce qui se passe") Il lui faudra purger l'Etat !
"Il fera le contraire de ce que font les médecins pour purger le corps; ceux-ci en effet font disparaître ce qu'il y a de mauvais et laissent ce qu'il y a de bon: lui fera le contraire. Il y est contraint s'il veut conserver le pouvoir (...) Par la suite, plus il se rendra odieux aux citoyens par sa conduite, plus il aura besoin d'une garde nombreuse et fidèle" (cf. police, armée, industrie sécuritaire)
Une remarque de taille : Platon le dit dans le texte : le tyran aura pour soutien les vieillards qui ont vu leur autorité décliner (Cf. son élection en majeure partie due aux plus de 65 ans)
Ccl de Platon : "Nous voilà arrivés, ce me semble, à ce que tout le monde appelle la tyrannie : le peuple, fuyant la fumée de la soumission à des hommes libres (cad à des hommes de valeur ), est tombé dans le feu du despotisme des esclaves, et en échange d'une liberté excessive et inopportune, a revêtu la livrée de la plus dure et la plus amère des servitudes." CQFD
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